Philippe Carpentier
Portrait

Philippe Carpentier

Paris, 1942 — Arromanches, 2011

Le geste authentique,
celui qui ne permet
aucune reprise

Philippe Carpentier est né à Paris en 1942. Après avoir travaillé dans l'édition et le journalisme, il se consacre à son art à partir de 1976.

Sa rencontre dans les années 1980 avec la célèbre calligraphe japonaise Sunsho Machi est déterminante ; c'est elle qui l'initie à la peinture sur grand format. Ces multiples expériences au Japon lui donnent pour toujours le goût du matériau vrai, du geste authentique, celui qui ne permet aucune reprise, garant d'une sincérité totale. Philippe Carpentier travaille exclusivement à l'eau, toutes les techniques qui en découlent lui sont familières : aquarelle, détrempe, encre, colle de peau, gomme arabique.

Œuvre de Philippe Carpentier

Inspiré par les paysages marins, il s'éloigne progressivement de la représentation au profit d'une véritable exploration de la matière. Ses couleurs se fondent alors en de larges aplats presque monochromes, où il développe une forme originale de détrempe, influencé par l'art des paravents japonais.
Des hasards, rythmes et gammes infinies naissent de la rencontre entre le geste et la fluidité de la peinture. Philippe Carpentier a su renouveler la pratique de l'aquarelle, puisant dans sa longue observation de la mer pour créer des univers imaginaires et sensibles.

Œuvre de Philippe Carpentier

Il s'éteint dans sa maison d'Arromanches en 2011, au coeur de cette Normandie maritime qui l'inspirait tant.

« Carpentier aime les lignes longues, fortes et fines. Au premier coup d'oeil jeté sur ses tableaux, on pense à des estrans, à tout ce qui est étendues… Y prédominent, poussés jusqu'à l'abstraction, tous les éléments d'un espace maritime — éléments marins obscurs et mouvants qui donnent lieu aussi par moments à une clarté qui ressemble à cette secrète sérénité que l'on peut éprouver au milieu des plus grandes turbulences. Nous sommes au bout des terres, dans un territoire limite où règne une grande simplicité qui est en même temps une simple grandeur. Le suprême orgueil et l'extrême modestie se retrouvent dans un même lieu ultime de dépouillement et de dénuement. »
Kenneth White — préface, Éditions Arichi, Paris, 2005
« La conception synthétique du paysage définie par Philippe Carpentier fait de lui un peintre de l'espace. Rien dans ses compositions n'arrête le regard, ne borne la perspective. Tout semble mis en oeuvre pour permettre la divagation du spectateur qui, envahi par une sensation d'apesanteur et de liberté, est emporté comme dans un rêve. Dépourvues de toute référence réaliste, ses peintures n'ont pas de précision météorologique (comme celles de Boudin par exemple), elles s'imposent plutôt comme une émotion devant un lieu idéal. »
Patrick Ramade — catalogue de l'exposition du musée des Beaux-Arts de Caen, éditions Burozoïque, 2009

Hommage à Philippe Carpentier

Il le sait : au début était le Rien, puis vint Le Tout.

Il trace alors les vagues en geste d'accueil,

Pour que la terre demeure promesse et advenance,

Pour que la lumière soit toujours au rendez-vous.

François Cheng, de l'Académie française — Mai 2019
  1. 1972 Paris — Galerie Le Nombre d'Or
  2. 1973 Paris — American Center
  3. 1977 Genève — Galerie de l'Intercontinental
  4. 1980 Eindhoven — Centre culturel
  5. 1981 Ménerbes — Galerie Cance Manguin
  6. 1981 Paris — Galerie Marines-Cachin
  7. 1982 Paris — Palais de Chaillot, Salon de la Marine
  8. 1983, 1984, 1986 Tokyo — Musée central de Ginza, en collaboration avec la calligraphe japonaise Shunso Machi
  9. 1987, 1989, 2007 Derry — Gordon Gallery
  10. 1988 Paris — Galerie Claude Aubry
  11. 1989 Londres — Julian Hartnoll Gallery
  12. 1993 Paris — Siège de l'UNESCO, Festival culturel franco-japonais
  13. 1993, 2005 Paris — Galerie Akié Arichi
  14. 2000 L'Isle-sur-la-Sorgue — Galerie La Tour des Cardinaux
  15. 2002 Paris — Médiavillage Galerie
  16. 2003 Marseille — Galerie La Tour des Cardinaux
  17. 2006, 2010, 2013 Bruxelles — Galerie Fred Lanzenberg
  18. 2008 Strasbourg — Galerie Guérin, Art Strasbourg
  19. 2009 Caen — Musée des Beaux-Arts
  20. 2019 Paris — Galerie Victor Sfez
  21. 2025 Le Havre — Agnès Szaboova Gallery
  1. 2005 Philippe Carpentier — Préface de Kenneth White, textes de Françoise Barbe-Gall et Pierre Hodgson. Éditions Arichi, Paris.
  2. 2009 Catalogue de l'exposition rétrospective du musée des Beaux-Arts de Caen, 7 février – 13 avril. Éditions Burozoïque.
  3. 2010 Cahiers du musée des Beaux-Arts de Caen, n°1 — « Témoignage ».
  4. 2011 Kenneth White — Les archives du littoral, Mercure de France.
  5. 2025 Kenneth White — Au fin fond du réel, François-Marie Deyrolle éditeur.
30 Avr.

Exposition — Philippe Carpentier & Thierry Farcy

Vernissage le 30 avril 2026 de 18h à 20h
Du 30 avril au 13 mai — tous les jours de 11h à 18h30
9 rue des Croisiers — 14000 Caen
Entrée libre